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Techniques



Passionnée depuis des années par les masques et leurs nombreuses esthétiques et significations, c'est en 2007 que j'ai décidé de me lancer dans leur fabrication.

De nombreuses recherches (je passe ma vie à faire des recherches approfondies sur tout...), livresques et sur internet, sur le travail du cuir en général et la fabrication de masques en particulier, m'ont permis de faire mes premières tentatives, affinées depuis par la pratique et les essais divers.

La méthode que j'utilise est proche de celle, ancestrale, des mascherai (facteurs de masques) italiens du XVIe siècle, et rappelle également par certains aspects le travail dit du "cuir bouilli" que les Grecs employaient pour façonner et durcir leurs armures de cuir.

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J'utilise exclusivement du cuir "tanné végétal", c'est-à-dire qui a été nettoyé par des bains successifs d'écorces de chêne ou de pin aux tannins de plus en plus concentrés (il existe aussi un tannage chimique ou minéral).

Les peaux entières brutes, non teintées, que je vais chercher en peausseries spécialisées, sont des basanes : ainsi appelle-t-on les peaux de mouton et de chèvre ; plus fines et malléables que la vache, plus résistantes que l'agneau (employé pour les vêtements), au grain régulier, elles sont aussi utilisées en maroquinerie et reliure de beaux-libres. Conjuguant relative finesse et résistance, elles sont les mieux adaptées à la fabrication des masques - certains masques très rigides de commedia dell'arte utilisent du cuir de vache mais cela ne correspond pas avec l'effet que je veux obtenir.

Je prépare toujours mes masques à partir d'un croquis, d'une idée, d'une "inspiration", que je mets ensuite à plat sur papier à la bonne échelle ; je recopie ce patron sur la peau et la découpe avec précision au scalpel (certains masques très complexes peuvent prendre jusqu'à 45 mn à seulement découper).

Cette forme de base, je la mets à tremper dans l'eau tiède (différents degrés de chaleur produisent des résultats différents), ce qui l'assouplit comme du tissu épais, et je peux ensuite la modeler aux doigts à ma guise, en utilisant pour base de forme des empreintes de visages que j'ai réalisées en plâtre (j'ai mis quelques amis et moi-même à contribution) ; parfois j'utilise des outils simples (une baguette fine pour faire des nervures de feuilles...) mais je préfère tout faire au contact direct des mains.

Une fois satisfaite de la forme, j'évapore l'eau présente dans le masque en le chauffant à haute température, ce qui le "fige" et le rend presque complètement rigide. J'attends 24 heures au moins que toute humidité résiduelle soit bien évaporée, puis je le peins, en piochant parmi mes dizaines de couleurs acryliques (non toxiques, diluables à l'eau et waterproof une fois sèches) ; je colle les attaches, également peintes, des rubans qui serviront à tenir le masque. J'attends à nouveau 24 heures que tout soit parfaitement sec, fais d'éventuelles retouches, puis passe une couche de protection en utilisant un vernis Ecolabel sans odeur, à faible teneur en solvants et conforme à la norme jouet, mais très résistant à la chaleur et à l'eau.

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La fabrication d'un masque nécessite donc de nombreuses étapes, étalées sur plusieurs jours, et un certain matériel de base qu'il faut acquérir (peaux brutes, scalpels, nombreuses peintures, vernis, rubans...) ou fabriquer (empreintes de visages en plâtre - un art long et complexe en soi !).

Sans oublier le plus important : l'idée de base...


 

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